Dimanche de la Miséricorde à Gallardon 11 avril 2021

Au Sanctuaire de Gallardon, nous avons pu, contrairement à l’année dernière, fêter le Dimanche de la Miséricorde avec l’Assemblée des paroissiens et des fidèles de plusieurs proches paroisses venus dans le respect des contraintes françaises. Plus de 250 personnes, alors que le pèlerinage diocésain programmé la veille avait encore dû être annulé.

Une belle et lente procession a amené les reliques de Sainte Faustine, Saint Jean Paul II et Saint Stanislas, de la Chapelle de la Miséricorde où elles accueillent d’habitude nos prières sous le grand Tableau de Jésus Miséricordieux, jusqu’à l’Autel en passant au milieu de toute l’assemblée des fidèles.

Ce fut une messe très solennelle, très recueillie et magnifiquement accompagnée par le petit Chœur de la paroisse, l’orgue et la flûte.

Nous vous donnons, avec son accord, quelques extraits de l’homélie du Père Dominique Aubert, notre curé :

Depuis quelques années déjà, Jésus a déposé sur notre tête la belle et lourde couronne de la Miséricorde. Déposée par le Christ lui-même, par l’intermédiaire de ses instruments de Cracovie : les Sœurs de la Miséricorde, le Père François qui était recteur du grand sanctuaire de la Miséricorde, et le Père Zdizlaw Sochacki, le recteur de la cathédrale de Wawel.

En installant la Tableau de la Miséricorde il y a quelques années, j’ai voulu faire un don qui m’avait été fait à moi depuis longtemps, un reliquaire contenant une épine de la Sainte Couronne. Je ne pensais pas alors que cette couronne de la Miséricorde posée sur notre tête serait en fait la couronne d’épines. En nous demandant d’élever un sanctuaire à la Divine Miséricorde, le Christ posait sur nos épaules le lourd fardeau de la Croix. Car si le mystère de la Miséricorde est le signe du plus grand amour que Dieu ait pu manifester à tous les hommes, c’est parce qu’il est mort sur la Croix pour nous sauver, (…) c’est parce qu’il est mort sur la Croix pour nous réconcilier avec Dieu. C’est là le grand mystère de la Miséricorde. La Miséricorde est une grande œuvre de réconciliation. 

(…) Cette couronne de la Miséricorde a été déposée il y a quelques années d’une manière mystérieuse sur la tête de Pierre, et de moi, au tout début, puis sur celle d’Isabelle. Aujourd’hui, cette couronne de la Miséricorde, cette couronne d’épines, est déposée sur nos têtes à tous. Sur nos têtes à tous. (…) Il vous a été fait ce grand don, à Gallardon, de pouvoir rayonner, à partir de Gallardon, du mystère de la Miséricorde. (…) Oh, ce sanctuaire est bien humble, même s’il a eu cette semaine les honneurs de la presse, mais il est bien humble, il est bien faible encore parce que toute naissance, tout bébé qui naît, est faible, et il va falloir petit à petit encore le nourrir, le faire grandir, l’entourer, le faire vivre. C’est notre mission ici à Gallardon. Et le Seigneur a besoin non seulement de ceux qui ont été à son origine, mais de tous. 

Le Père François, qui était recteur de la grande Basilique de la Miséricorde avant de devenir curé d’une autre paroisse à Cracovie, nous avait dit d’une manière mystérieuse, et je le redis, que Gallardon serait le mont Thabor pour la France. Le mont Thabor, vous le savez, c’est le lieu où quelques disciples sont allés avec le Christ et ont vu le Christ ressuscité avant sa mort et sa Résurrection. Pour leur donner le courage. Le Christ rayonnant ! Gallardon, le mont Thabor, c’est peut-être ce lieu où nous est montré le Christ ressuscité. Mais, regardez bien, mes frères, le Christ ressuscité, c’est bien lui, dans ses vêtements blancs, rayonnant, avec son visage de feu qui nous dit comme au matin de Pâques « La paix soit avec vous ! », mais le Christ qui tout de suite nous ramène à ses plaies, à ses pieds qui ont été percés, à ses mains qui ont été percées, à son côté qui a été percé. Parce que c’est de la Passion que vont nous être donnés les instruments de la réconciliation, dans le signe des deux rayons, le rayon rouge : le sang, la vie donnée, l’Eucharistie, et le rayon translucide comme l’eau : l’eau qui purifie, l’eau qui fait vivre, l’eau du baptême, et, pour ceux qui sont baptisés, le sacrement de pénitence et de réconciliation dont il nous a été dit dans l’Evangile que c’est non pas une invention de l’Eglise comme le pensent certains, mais que c’est le don du Christ au moment de la Résurrection. (…)  C’est ce qu’on appelle le pouvoir des Clefs, que l’Eglise a reçu du Christ pour remettre dans la pleine communion avec Dieu les baptisés dont le péché a érodé la grâce. 

Alors, rendons grâce ce matin pour cette belle et grande fête de la Miséricorde. N’ayez pas peur, n’ayons pas peur ! Souvenons-nous de cette parole du grand pape Saint Jean Paul II : « N’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! »  Non pas « Entrouvrez vos portes », mais « Ouvrez toutes grandes vos portes ». Ouvrez tous les domaines de votre vie, votre vie personnelle, votre vie familiale, votre vie professionnelle. Ouvrez toutes grandes les portes de votre monde, par votre prière au Christ, parce que c’est lui qui peut accomplir la puissance qu’il y a dans le mystère de la Résurrection, c’est lui qui peut renouveler le monde d’aujourd’hui, si triste, si blessé, si renfermé sur lui-même. Amen. 

     

fr. Pierre Sokol – consacré 
Apôtre et responsable délégué par l’évêque 
pour la Pastorale de la Miséricorde Divine